Faux thérapeutes

Madame la thérapeute était une arnaqueuse

Officiellement, elle était kinésithérapeute. Mais dans les faits, elle ressemblait surtout à un gourou. Pendant une décennie, Marie-Catherine Phanekham a manipulé une dizaine de patientes, remodelant leur mémoire pour mieux leur soutirer de l’argent.

Lire l’article du magazine Society de mars 2017

 

Zeus, le gourou de Gujan-Mestras, se prenait pour le dieu de la Création…

« Conseil supérieur invisible », orgasme qui sauve le monde, « rosée céleste », il officiait dans une maison protégée des regards indiscrets

Lire l’Article du journal Sud-Ouest du 23 Mars 2016

 

Faux docteurs, coachs véreux, gourous de supérette, thérapies complémentaires,….

Les escrocs du bien-être, les best-sellers, l’université qui s’en mêle ….l’hebdomadaire Marianne publie un article très instructif sur ce bric-à-brac thérapeutique

Lire l’article de Marianne du 03 mars 2016

 

Dax: une psychopraticienne jugée pour abus de faiblesse

source : par Benjamin Ferret

http://www.sudouest.fr/2015/03/25/rupture-de-reseau-chez-la-psychopraticienne-1869916-3327.php

Trois de ses anciens clients ont témoigné lundi devant le tribunal de l’abus de faiblesse qu’elle aurait exercé sur eux, dans ses cabinets d’Anglet et Capbreton, ou encore lors de séances de formation.

Pas une seule seconde des six heures qu’ont duré les débats, Élisabeth Saccucci n’a perdu l’image maternelle qui déborde de cette psychopraticienne. Ainsi, ce clin d’œil et ce sourire de réconfort, adressés aux cinq proches venus la soutenir au cours de son audience face au tribunal correctionnel de Dax, terminée à 23 h 30, lundi, sous les lumières blafardes de la salle d’audience.

Combien de « thérapisants », comme les appelle la prévenue, ont fait appel à ses méthodes et ses mots, susceptibles de soigner tous les maux ? Sexagénaire vêtue au long manteau noir lui donnant des airs majestueux face à la justice, elle a ouvert depuis douze ans ses cabinets à Anglet et Capbreton. Alors que ses sites Internet restent actifs,trois de ses anciens clients – devenus membres « du réseau » dans la naïveté de leurs souffrances – ont pu longuement dévoiler leurs thérapies et les méthodes d’Élisabeth Saccucci, dignes de l’abus de faiblesse. D’autres l’appellent encore « maman ».

Maître d’un volumineux dossier constitué par la police judiciaire de Bayonne, Benoît Giraud, le président du tribunal, leur donna ainsi la parole en premier. « Elle m’a fait comprendre que sa thérapie pouvait soigner mon hypertension et le cholestérol pour lequel je suis traité depuis vingt ans. Selon elle, c’était lié à la colère et au manque de joie de vivre qui étaient en moi », dévoila par exemple Christelle.

Séances de groupe et soirées

Des séances individuelles, « avec tarif spécial en cas de règlement en espèces », Christelle était passée aux séances de formation. Elle y avait rencontré deux hommes, prénommés Frédéric. « Je sortais d’un burn out en région parisienne. Quand on s’est retrouvés à une quinzaine dans son local de 25 mètres carrés, cela m’a semblé bizarre. Mais à ce moment-là, je restais convaincue que cela pouvait fonctionner. »

Tout comme lui, le second Frédéric s’était persuadé que ces soirées où il fallait « apporter l’apéro » chez Élisabeth Saccucci lui permettraient de mettre fin à son alcoolisme : « Je me suis retrouvé isolé de ma famille, j’ai failli périr de mon addiction. » Tout juste a-t-il « rigolé jaune » quand sa thérapeute lui a offert en cadeau de Noël « une plaque ‘‘Place Pastaga’’ ».

Dérives sectaires ?

Ces « témoignages éloquents », selon le vice-procureur, ont permis à Julie Gaston de présenter des réquisitions où la question des dérives sectaires affleura. « Le Om tibétain en début de séance, les médailles miraculeuses, les câlins à se faire entre thérapisants, cela ressemble à un grand fourre-tout », souleva-t-elle.

Élisabeth Saccucci a avoué un problème d’audition, comme pour retarder ses réponses. Elle s’est retranchée derrière « cette méthode apprise comme ça » et son diplôme. Julie Gaston s’est fait plus précise. « Rupture avec l’environnement d’origine », « existence d’atteintes à l’intégrité physique », « discours antisocial » ; quelques-uns des points évoqués par la vice-procureur et sortis de la liste écrite par la Miviludes, l’organisme de lutte contre ses dérives sectaires.

Me Stéphane Guitard, l’avocat de la prévenue, a semblé déçu d’avoir raté son train pour Bordeaux lors de sa demande de relaxe, débutée il est vrai à l’approche de 23 heures. « Malgré leurs souffrances, qui ne sont pas forcément liées à leur psychopraticienne, les sommes demandées ne sont pas justifiées. »

Les trois parties civiles ont demandé un total de 331 125 euros d’indemnisation. Deux d’entre eux ont quitté leurs emplois durant leur thérapie et tous ont vu leur vie se briser un peu plus au contact d’Élisabeth Saccucci, de trois à six ans durant, selon les personnes. Outre cette indemnisation et l’interdiction de rentrer en contact avec ses victimes, le ministère public a requis une peine de sursis de dix-huit mois de prison, assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans. La thérapeute au diplôme non-reconnu des pouvoirs publics devrait également ne plus pouvoir exercer suite au délibéré qui sera rendu le 11 mai.

Le gourou d’une secte, ancien chercheur au CNRS, mis en examen

par Mélanie GODEY Journaliste

http://www.bfmtv.com/societe/un-gourou-ancien-chercheur-au-cnrs-interpelle-875701.html

Agé de 77 ans, le scientifique se présentait comme « le sauveur de l’humanité » et assurait pouvoir guérir des maladies comme le sida ou le cancer… à l’aide d’un pendule.

« La grande mutation ». Cette secte regroupe près de deux cents personnes, dirigées par un gourou, au CV impressionnant, révèle ce jeudi RTL.
Docteur ès sciences, agrégé de physiologie et de biochimie, ancien chercheur au CNRS et professeur à l’université Paris Sud à Orsay en banlieue parisienne, cet homme, âgé de 77 ans, a été placés en garde-à-vue dans les locaux de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (ORCVP). Avec cinq de ses proches il a été mis en examen le 26 mars dernier pour « abus de faiblesse ».
Il se présentait comme « le sauveur de l’humanité » et assurait avoir parcouru 22 planètes différentes avant de revenir accomplir sa mission sur Terre afin que ses fidèles accèdent à l’amour céleste.

Guérir le cancer avec un pendule

Auteur de plusieurs ouvrages « spirituels », aux titres alambiqués, il prône une théorie selon laquelle « les vibrations » sont susceptibles de « vaincre les fléaux de l’humanité actuelle tels que le cancer, le SIDA, la sclérose en plaques ». Des vibrations obtenues pas l’intermédiaire d’un vulgaire pendule.
A l’instar de tous les gourous, le scientifique exerçait une emprise psychologique puissante sur ses sujets. Selon l’Office central pour la répression des violences aux personnes, interrogé par RTL, des hommes et des femmes avaient même cessé leurs traitements médicaux, et rompu avec leur entourage.

Libérer son être céleste trans-terrestre

« Mon fils a quitté sa femme en lui disant que c’était une question de vie ou de mort…Divorce en cours, enfants de 4 et 6 ans », témoigne un proche sur un réseau social au sujet de son enfant embrigadé par la secte « La grande mutation ».
Et d’expliquer comment procède l’instigateur. « Ce personnage demande aux adeptes de libérer leur être céleste trans-terrestre…contre les individus innommables qui ne sont rien du tout, seulement des vessies pleines de sang ». « Il insiste donc sur l’obligation de se détacher de tous ces êtres pour pouvoir faire évoluer leur « être céleste trans-terrestre », peut-on encore lire.

 

 Gironde; vrais viols ou faux souvenirs ?

Accusé d’inceste, un père soutient devant la justice que les souvenirs de sa fille aujourd’hui adulte ont été artificiellement créés par le pseudo-thérapeute de celle-ci.

Lire  l’article du journal Sud-Ouest du 06/04/15

 

Le gourou Zeus est sous les verrous

ZeusA Gujan-Mestras, un septuagénaire, ancien guérisseur, disait enseigner la philosophie grecque mais aurait en réalité abusé de femmes tombées sous son emprise.

Lire  l’article du journal Sud-Ouest du 11/03/15

 

 

Manipulée par ses psychiatres, elle accuse ses parents de satanisme

Publié sur www.metronews.fr

Victime de thérapeutes manipulateurs durant 20 ans, une infirmière anglaise décédée en 2005 a accusé ses parents de s’être livrés à des rites sexuels sataniques et d’avoir tué sa soeur. Convaincue de ses dires, elle avait en réalité crée ces souvenirs de toute pièce.

Petite dernière d’une famille de quatre enfants, Carol Felstead était la préférée. L’adorable fillette à laquelle ni ses parents ni ses frères ne pouvaient rien refuser. C’est donc avec horreur qu’ils ont découvert en 2005 à Londres, après le décès de Carol, les accusations de cette dernière, rapporte dimanche le Daily News. Elle avait raconté en détail à ses thérapeutes cette soi-disant nuit où sa mère, sans pitié, avait tué son autre fille avant d’incendier la maison lors d’un rite satanique. « Mes parents se sont effondrés de chagrin, se souvient l’un des frères de Carol. C’était une double perte. Ils avaient perdu leur fille et apprenaient ensuite qu’elle avait formulé ces terribles accusations ». Aujourd’hui, il est persuadé que la jeune femme a été manipulée par ses thérapeutes.

Tout commence alors qu’elle est âgée de 22 ans. La jeune infirmière souffre de violents maux de tête et est finalement dirigée vers une thérapie « psychosexuelle » pour gérer son stress, comprenant une « thérapie de la mémoire retrouvée » (TMR), aujourd’hui très controversée.

Une méthode censée aider les patients en difficulté à se souvenir d’abus sexuels dont ils auraient été victimes. Seulement, cette méthode est accusée de créer de faux souvenirs, avec des émotions quant à elles très réelles. Les patients accusent alors leur famille en toute bonne foi de faits non avérés.

Le syndrome de la fausse mémoire

La famille de Carol ignore tout à l’époque de ces séances et celle-ci s’isole peu à peu, finissant par déménager et ne plus voir ses parents à partir de 1994. Ce n’est qu’en 2005, quelques semaines avant son décès qu’elle dit se sentir seule et vouloir retrouver sa famille. A sa mort – seule dans son appartement entourée de médicaments en tout genre, avant une crémation organisée par sa thérapeute sans prévenir la famille – la police transmet à ses proches des notes de Carol où elle détaille les rites sataniques dont elle aurait été victime.

« Nous pensons qu’elle a subi un lavage de cerveau de la part des différents thérapeutes qu’elle a vus », estime son frère. Elle aurait été victime du « syndrome de la mémoire fausse ». Et selon lui, aucune législation n’existe concernant ces thérapies de la mémoire retrouvée. « N’importe qui peut aller en ligne, payer pour une formation à mi-temps et être accrédité pour organiser des thérapies après seulement deux semaines », dénonce son frère.

Sortie de l’emprise d’un gourou, une Périgourdine témoigne : « Il était image art S-O Dordognedans ma tête »

Quelques mois après la mise en examen du dirigeant du château de Pauly, en Ribéracois, pour viols et abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, une des victimes raconte son embrigadement

Lire le témoignage dans l’article du journal Sud-Ouest du 19/11/14

 

Explosion d’enquêtes contre les pseudo-psychothérapeutes

Publié au Québec sur le site web LA PRESSE, le 20 décembre 2013.

L’Ordre des psychologues du Québec est inondé de demandes d’enquête depuis la diffusion de sa publicité télévisée qui dénonce les dégâts causés par les pseudo-psychothérapeutes.
Au cours des deux derniers mois, 100 nouveaux cas ont été dénoncés à l’organisme, soit trois fois plus que d’ordinaire pour une période de longueur égale. Cette explosion a dépassé toutes les attentes de la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. «L’impact est manifeste. On a réussi à amener les gens à s’interroger sur la compétence des gens qu’ils consultent», se réjouit-elle.
Intitulée «Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête», la publicité met en scène un homme maladroit qui saccage avec nonchalance le contenu d’étagères remplies de porcelaines. Depuis un an et demi, nul ne peut exercer la psychothérapie sans permis, cette activité étant jugée «à haut risque». Le permis requis est accessible aux seuls psychologues et à une poignée d’autres professionnels formés en santé mentale. Malgré tout, des dizaines d’amateurs et de charlatans continuent visiblement de sévir.

En octobre dernier, 300 pseudo-psychothérapeutes se trouvaient dans la ligne de mire de l’Ordre. Ils sont maintenant 400, parmi lesquels de 40 à 80 cas lourds, qui exigeront des mesures «musclées» et l’entrée en scène de trois nouveaux enquêteurs. «On a dû les former et leur montrer comment mimer une personne en détresse, puisqu’on doit prouver jusqu’où le pseudo-thérapeute peut aller face à une personne souffrante, expose Mme Charest.
Nos enquêteurs n’en reviennent pas de voir à quel point certains peuvent se montrer convaincants, dit-elle. Ils constatent que ce n’est pas tant l’argent qui motive ces gens que la recherche de pouvoir, le désir d’exercer un ascendant.»
Les enquêtes étant longues et coûteuses, les premières poursuites pénales ne seront sans doute pas déposées avant quelques mois. Depuis 2012 déjà, l’Ordre et le Collège des médecins se plaignent d’être submergés et réclament l’aide du gouvernement du Québec.
En attendant, les enquêteurs priorisent les dossiers «les plus inquiétants», indique Mme Charest. «Si un juge n’empêche pas certaines personnes de pratiquer quand nos enquêteurs leur rapporteront ce qu’elles font, ça n’aura servi à rien de faire une loi. Il faut la faire respecter», estime-t-elle.

Les gourous profitent de l’attrait des Français pour les médecines alternatives. La Miviludes et la Mutualité Française s’associent pour faire le tri dans les thérapies complémentaires.

Publié sur le site web LE NOUVEL OBSERVATEUR, le 03 décembre2013

« Les sectes et les pseudo-thérapeutes en tout genre ont parfaitement su tirer profit d’Internet, que ce soit pour repérer les personnes vulnérables sur les forums de patients ou pour inonder la toile de soi-disant résultats positifs de leurs méthodes », s’alarme Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Pour contrer ces stratégies de communication qui piègent chaque année de plus en plus de Français rendus vulnérables par la maladie ou la souffrance d’un proche, la Miviludes pourra désormais compter sur le concours des quelques 500 mutuelles fédérées au sein de la Mutualité Française. Son Président, Etienne Caniard, doit signer ce matin avec Serge Blisko pour la Miviludes une convention-cadre visant à mener des actions communes de prévention sur les dérives sectaires potentielles dans le domaine de la santé. « Avec les revues mutualistes, la plateforme grand public Priorité Santé Mutualiste ou encore les réunions organisées localement par ses antennes régionales, la Mutualité Française nous apporte une véritable force de frappe, une formidable opportunité de sensibiliser le grand public aux dangers des dérives sectaires », affirme Serge Blisko.
Il y a urgence car les mouvements sectaires s’abritent derrière l’engouement des Français pour toutes les médecines dites alternatives, naturelles ou complémentaires. 4 Français sur 10 ont aujourd’hui recours à ces thérapies et ils sont 6 sur 10 parmi les malades du cancer. « Parmi les près de 3000 signalements que la Miviludes a reçu au cours de l’année, la part de la santé est en hausse, elle représente aujourd’hui 30% des signalements. Heureusement, il n’y a pas un groupe sectaire derrière chacune de ces dérives thérapeutiques », souligne le président de la Miviludes.

Identifier les charlatans et les gourous
Toute la difficulté est de faire la part des choses entre une thérapie complémentaire bénéfique, par exemple dans la lutte contre la douleur, et une méthode miracle pouvant cacher une dérive sectaire. Pour Serge Blisko, il faut s’inquiéter lorsque le « thérapeute » impose de substituer sa méthode aux traitements conventionnels suivis jusqu’alors. « C’est toute la différence entre une thérapie complémentaire et une alternative. Quand on pousse un malade du cancer à arrêter sa chimiothérapie en le convaincant que sa maladie provient d’un traumatisme psychologique d’ordre familial comme dans la « nouvelle médecine germanique » ou qu’on lui conseille de préférer le jus de fruit ou une méthode d’imposition des mains comme le reiki, il y a grand danger », insiste le président de la Mission qui rajoute : « Certaines médecines complémentaires sont très utiles pour améliorer le confort du malade. Mais quand on prétend soigner le cancer de quelqu’un en lui prescrivant de boire sa propre urine, il faut dire halte ! » 

Le corps médical a aussi un rôle à jouer dans l’information du grand public. Les Français font, en effet, très majoritairement confiance à leur médecin traitant mais n’abordent que très rarement avec lui les thérapies complémentaires auxquels ils ont recours. « Si les médecins classiques faisaient l’effort de comprendre le besoin qu’ont leurs malades de se tourner vers les thérapies complémentaires et arrêtaient de tourner le sujet en dérision, ils pourraient ouvrir le dialogue et jouer un rôle précieux pour aider leurs patients à discerner les pratiques dangereuses », souligne Serge Blisko, lui-même médecin de formation.

Piéger des malades vulnérables comme Steve Jobs
Car en face, le discours est particulièrement bien rôdé et séduisant pour convaincre des malades, souvent isolés et désemparés, comme l’indique Serge Blisko : « Avec ma méthode, vous n’avez pas besoin de vous faire opérer et vous n’aurez aucun effet secondaire. Tout le monde a envie d’entendre ça ! Evidemment c’est plus séduisant que le chirurgien qui vous propose d’opérer sans être sûr que ça va marcher à 100% ».

La maladie et la douleur peuvent ainsi rendre vulnérables même les esprits les plus informés et les plus rationnels. « Steve Jobs est l’exemple terrible et parfait d’une personne tombée aux mains de naturopathes divers et variés, cite Serge Blisko. On ne peut pas dire si préférer une alimentation riche en fruits plutôt que l’ablation de sa tumeur l’a tué mais ce qui est sûr, c’est que ça ne l’a vraiment pas aidé à guérir ».

Quand les pratiques « New Age » mènent aux dérives sectaires

Publié sur le site web de METRONEWS le 28 novembre 2013

SANTÉ – La Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) et l’ARS de l’Île-de-France viennent de signer une convention pour mieux lutter contre les thérapies dites « non conventionnelles ». Beaucoup sont issues de pratiques prônant un retour vers la nature ou une étude des énergies./SIPA

Guérir son cancer avec du jus de légumes ou entamer une cure constituée « d’air et de soleil ». Les thérapies dites « non conventionnelles » se multiplient ces dernières années, particulièrement avec le renouveau du courant « New Age ». Retour vers la nature ou circulation des énergies, beaucoup de personnes se tournent vers des pratiques dites « naturelles », alternatives à la médecine traditionnelle, qui peuvent parfois dériver vers des pratiques sectaires.

C’est pour lutter contre ce phénomène et mieux informer le public que l’ARS Ile-de-France (agence régionale de santé) et la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) viennent de signer une convention. Objectif : mieux cerner les comportements sectaires et élaborer des outils communs.

Abandon de la chimiothérapie
Pas facile pour l’usager de décrypter le message, entre thérapie alternative « bien-être » et glissement sectaire. « Tous les mouvements sectaires, de la Scientologie aux Raëliens s’occupent de la santé, explique Catherine Picard, de l’Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes). Car la santé touche à l’intime. Et le patient est facilement manipulable ». Mais à ces mouvements déjà connus s’ajoutent des dizaines de praticiens isolés, qui développent leurs propres théories.
« Fasciathérapie », « instinctothérapie », « crème Budwig » ou « kinésiologie », autant de pratiques aux noms savants qui sont particulièrement surveillérs. « Des faux praticiens essaient de faire adhérer leur ‘patient’ à un nouveau mode de pensée, détaille Serge Blisko, président de la Miviludes. La victime, en état de fragilité, va se soumettre à son ‘gourou' ».

Des dizaines de morts chaque année
Principaux indices : la captation financière, la rupture progressive avec les proches ou l’endoctrinement. « Si vous avez un doute, interrogez un professionnel, conseille Karine Galaup, de l’Agence régionale de santé (ARS). Les médecins doivent tous obéir à un code déontologique précis ».
Car le phénomène n’est pas anecdotique. Les dérives peuvent déboucher sur une issue tragique, notamment quand « le praticien » recommande d’arrêter les traitements des maladies graves, comme le cancer ou le Sida. Pour ceux-là, le président de la Miviludes n’hésite pas à employer le terme de « meurtriers ». »On estime que chaque année, entre dix et trente personnes en meurent, se désole Serge Blisko. Il y a aussi ceux qui arrivent trop tard à l’hôpital et pour qui le mal est déjà fait ».